Queen II & Seven Seas of Rhye

Queen II & Seven Seas of Rhye

Article publié par Olivier Ruth et Leoj Edueibis le 10 févier 2019 sur la page de notre groupe Facebook.

Nous allons évoquer le deuxième album, et le single « Seven Seas Of Rhye » (gardons « Liar » pour la semaine prochaine).
Il n’y a que quelques versions vraiment particulières de l’album, à savoir la version promo uruguayenne, les éditions du Venezuela ou de Taiwan.
Du côté du single, « Seven Seas Of Rhye » (avec « See What A Fool I’ve Been » en face B) a été publié dans quelques pays uniquement. Nous ignorerons la version thaïlandaise dont nous reparlerons la semaine prochaine.
Ce qui est frappant, c’est la pochette. Ce sera notre focus de la semaine. En effet, les éditions d’Allemagne, de France, des Pays-Bas, du Portugal, de Yougoslavie et du Japon recevront toutes une pochette différente, chaque pochette de ces pays est donc unique. La version angolaise reprend le visuel de l’édition portugaise (l’Angola n’était pas encore indépendant en 1974 et était encore rattaché au Portugal). Cette unicité des pochettes est un fait relativement commun aux premières années du groupe ; par la suite, les évolutions du marché feront que le groupe imposera un visuel commun à toutes les éditions (à quelques éditions près tout de même).

Autre élément frappant : l’absence totale de pochette pour les éditions du Royaume-Uni, des Etats-Unis, de Finlande, de Suède, d’Afrique du Sud, d’Australie et de Nouvelle-Zélande ! Oui, les singles étaient vendus en 1974 dans des pochettes génériques aux couleurs de la maison de disques, ou dans des pochettes blanches. Mais pourquoi cette différence et cette apparente absence de soin dans la présentation ? Tout d’abord, revenons en 1974 et oublions les marchés interconnectés de notre époque. Dès la première moitié des années 70, les marchés étaient encore gérés de façon très indépendante. Les politiques de commercialisation pouvaient varier d’un pays à l’autre. Ainsi, le marché français était très habitués aux visuels des pochettes, utilisés de façon très régulière dans les EP des années 60. Proposer des disques sans pochettes aurait probablement entraîné une mévente ! En revanche, le marché britannique était tout à fait habitué à l’absence de pochette.
Comment achetait-on la musique à l’époque au Royaume-Uni ? Sur la base des diffusions radio. On entendait un tube à la radio, on se rendait au magasin de disques pour chercher ce titre en particulier. Les magasins présentaient une liste des morceaux dans les charts de la semaine, on choisissait son titre, et le vendeur sortait le disque de derrière le comptoir… A aucun moment le client ne pouvait être en contact physique avec le disque avant l’achat, on ne fouillait pas les bacs à disques de singles, à l’inverse des albums !

Un motif économique peut être avancé. Pourquoi dépenser en papier et en encre si cela n’est pas réellement utile ? Puisque la radio jouait son rôle de déclencheur de l’acte d’achat, inutile de perdre de l’argent avec une pochette ! De plus, l’économie Britannique du début des années 70 était rudement touchée, et le pays avait lancé des mesures d’économie drastiques. Le papier et l’encre étaient concernés, c’est ainsi que des bandes dessinées du début des années 70 étaient souvent en noir et blanc. La situation se détendra par la suite.
Cette attitude de ne pas insérer une pochette changera durant la seconde partie des années 70, avec… l’arrivée du punk ! En effet, cette musique plus indépendante ne visait pas autant le profit, était distribuée par des labels indépendants, et non des majors (en tout cas à ses débuts). Ces labels avaient compris l’impact visuel d’une pochette sur le public et de sa qualité identitaire. Les majors ne pourrons alors que suivre, et s’adapter, et les singles des années post-Bohemian Rhapsody auront bien plus souvent des pochettes. La pochette deviendra alors un élément promotionnel important
A noter que les albums, au contraire des singles, avaient tout de même droit à des pochettes très visuelles, travaillées, voire luxueuses. Embaucher Mick Rock pour une pochette témoigne d’une volonté de soigner sa présentation. Les albums étaient présentés en bacs, et le public pouvait fouiller et manipuler les pochettes. ˆ
Le business évoluera par la suite, la consolidation des marchés, l’impact des directeurs artistiques dans les compagnies de disques, modifiera la politique des groupes, uniformisera la communication visuelle, et tuera à jamais le charme des pochettes uniques des débuts des années 70. L’arrivée du CD et de son petit format limitera les possibilités, et l’arrivée du téléchargement à notre époque rendra presque inutile la production d’un visuel…. A tel point que Peter Saville, auteur de pochettes de New Order on Roxy Music par exemple, dira dès 2008 que la pochette de disques est totalement morte…Mais c’est un autre débat !

Let’s talk about Queen’s second album, and the single « Seven Seas Of Rhye » (let’s keep « Liar » for next week).
There are only a few versions that are really different for this album, these are the Uruguayan promo version, and the releases from Venezuela or Taiwan.
For the single, « Seven Seas Of Rhye » (with « See What A Fool I’ve Been » as a B-side) has been released in only a few countries. We’ll ignore the Thailandese release for now, we’ll talk about it next week.
What is striking, is the sleeve. This will be our focus for this week. Indeed, the releases from Germany, France, Netherlands, Portugal, Yugoslavia and Japan all had a different sleeve, each sleeve from those countries is therefore unique. The release from Angola uses the same visual than the Portuguese release (Angola was not independent get in 1974, and was still a Portuguese colony). This uniqueness of the sleeves is a rather common feature from the band’s first years ; the evolutions of the markets will lead the band to display the same visual for all releases (with some few exceptions anyway).
Another striking feature : the total absence of picture sleeve for the releases from United Kingdom, United States, Finland, Sweden, South Africa, Australia and New Zealand ! Yes, the singles were sold in 1974 in generic sleeves under the record company’s logo, or in white sleeves. But why this difference and seemingly lack of care for the presentation ? First of all, let’s come back to 1974 and forget the interconnected markets of our time. In the first part of the seventies, the markets were still managed very independently. The marketing policies could vary from one country to another. This, the French market was much used to the picture sleeves, very regularly used in the sixties for the EPs of the time. Offering a release without a picture sleeve would have been a disaster as far as sales are concerned. It was the total opposite for the British market, totally used to the lack of sleeve for the singles.
How did we buy music in those days in United Kingdom ? On the basis of the radio airplay. You listened to a song on the radio, you went to the local record store, and you were looking for that song in particular. The shops displayed a list of the songs in the charts that week, you had to chose your number, and the seller picked it up from beyond the counter… The customer never had contact with the record before the purchase, and you did not scout through record craves for singles, contrary to albums !
An economical reason can be brought. Why spending in paper and ink if it is not necessary ? As the radio played its role of initiating the purchase, it was considered useless losing some money with a sleeve ! Moreover, the British economy from the start of the seventies was severely hit, and the country had launched drastic saving measures. Paper and ink were concerned, and this is why the comics from the start of the seventies could often be black & white releases. The situation improved afterwards.
This attitude of not including a picture sleeve would change in the second part of the seventies, with the coming of… punk music ! Indeed, this music, more independent, was not aiming the profit as much as the music from the time, was distributed by independent labels (at least in the beginning of the movement). These labels had understood the visual impact of a picture sleeve on the public, and its role of vehicle of some identity. The major labels then would have to follow the move, and adapt, and the singles post-Bohemian Rhapsody would more often have picture sleeves. The sleeve will then become an important promo tool.
Please note that the albums, contrary to the singles, still benefited from sleeves that were very visual, very sophisticated, sometimes luxuous. Hiring Pick Rock for illustrating the sleeve is a proof of a will to care for the visual presentation. The albums were stored in cranes you could scout through and you could physically handle the sleeves.
The business will evolve afterwards, the consolidation of the markets, the impact of the artistic directors in the record companies, will change the band’s policies, the visual communication will be more uniform and will kill for good the charm of the unique sleeves from the start of the seventies. The coming of the CD and its small format will limit the possibilities, and the download industry from our time just made the development of any visual identity totally iteless… To the point that Peter Saville, creator of sleeves for New Order or Roxy music for example, said as soon as in 2008that the album sleeve was totally dead… But that’s another debate !

© Article d’Olivier Ruth et Leoj Edueibis, publié le 10 février 2019 sur le groupe Facebook Queen France Fanclub

© Article by Olivier Ruth & Leoj Edueibis published on February 10th on the Facebook group Queen France Fanclub